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Pourquoi je culpabilise tout le temps, même quand je n’ai rien fait de mal ?

il y a 6 jours
5 min de lecture

Vous avez dit non à quelqu’un… et vous y pensez encore plusieurs heures après.

Vous avez pris du temps pour vous alors que vous auriez « pu » faire autre chose.

Vous n’avez pas répondu immédiatement à un message.

Vous avez exprimé votre désaccord, posé une limite ou simplement choisi ce qui était bon pour vous.

Et presque immédiatement, cette petite voix apparaît :

« J’aurais peut-être dû… »

« J’ai été égoïste. »

« Il ou elle va mal le prendre. »

« J’aurais pu faire un effort. »

Pourquoi certaines personnes culpabilisent-elles autant, parfois même lorsqu’elles n’ont objectivement rien fait de mal ?


femme qui pense

À quoi sert la culpabilité ?

La culpabilité n’est pas, en elle-même, une émotion inutile.

Elle peut apparaître lorsque nous avons le sentiment d’avoir agi à l’encontre de nos valeurs, d’avoir blessé quelqu’un ou commis une erreur. Dans ce cas, elle peut avoir une fonction : nous pousser à réfléchir à notre comportement, à réparer lorsque c’est possible ou à agir différemment la prochaine fois.

Néanmoins, il existe une autre forme de culpabilité, beaucoup plus envahissante.

Celle qui apparaît alors même que nous n’avons rien fait de répréhensible.

  • Prendre du temps pour soi

  • Refuser une invitation

  • Ne pas être disponible

  • Dire que l’on n’est pas d’accord

  • Demander de l’aide

  • Se reposer

  • Faire passer ses propres besoins avant ceux des autres, pour une fois

Pour certaines personnes, ces situations suffisent à déclencher un profond inconfort.


Pourquoi est-ce que je culpabilise pour tout ?

Lorsque la culpabilité devient presque automatique, elle peut être liée à notre manière de nous percevoir et à la place que nous pensons devoir occuper auprès des autres.

Certaines personnes ont ainsi intégré, parfois très tôt, qu’il fallait être disponible, rendre service, ne pas déranger ou éviter de décevoir. Elles peuvent être particulièrement attentives aux besoins et aux émotions des autres, au point d'oublier les leurs. Une question revient alors constamment :

« Qu’est-ce que l’autre va penser de moi ? »

Dire non ne ressemble plus simplement à un refus. Cela peut donner l’impression d’être égoïste, ingrat, méchant ou de risquer de perdre l’affection de l’autre.

La culpabilité devient alors étroitement liée à la peur de décevoir.


Culpabilité et peur de décevoir : quand dire non devient difficile

Imaginez que quelqu’un vous demande un service alors que vous êtes épuisé. Votre première pensée est très claire : « Non, je n’en ai vraiment pas envie. »

Pourtant, vous acceptez. Pourquoi ? Parce qu’une autre pensée est arrivée juste derrière :

« Si je refuse, il va être déçu. »

Ou :

« Ce n’est quand même pas grand-chose. »

« Je pourrais faire un effort. »

« Qu’est-ce qu’elle va penser de moi ? »

À force, il devient parfois difficile de distinguer ce que l’on veut réellement faire de ce que l’on fait pour éviter de culpabiliser. Et c’est ainsi que l’on peut se retrouver à dire oui alors que tout, à l’intérieur, disait non.


Pourquoi ai-je autant de mal à penser à moi ?

Notre rapport à la culpabilité ne s’est pas construit en une journée. Il peut notamment être influencé par notre éducation, nos expériences et les messages que nous avons reçus au cours de notre vie.

Certains enfants apprennent très tôt à être « sages », autonomes, serviables ou à ne pas faire de vagues.

D’autres peuvent avoir entendu :

« Fais plaisir à ta mère. »

« Après tout ce que j’ai fait pour toi… »

« Ne sois pas égoïste. »

« Tu pourrais quand même faire un effort. »

Ou encore :

« Pense un peu aux autres. »

Pris isolément, ces mots ne déterminent évidemment pas notre vie d’adulte. Pourtant, lorsqu’un enfant comprend progressivement qu’être aimé, reconnu ou valorisé passe par le fait de répondre aux attentes des autres, il peut devenir plus difficile, plus tard, de s’autoriser à écouter ses propres besoins.


Quand la culpabilité se transmet dans la famille

Il arrive également que certaines façons de fonctionner semblent se répéter d’une génération à l’autre.

Dans une famille où l’on valorise fortement le sacrifice, le devoir, le courage ou le fait de « tenir quoi qu’il arrive », s’accorder du repos ou choisir pour soi peut parfois sembler presque interdit. On peut alors se retrouver avec des convictions telles que :

« Je n’ai pas le droit de me plaindre. »

« Les autres ont vécu bien pire. »

« Je dois être forte. »

« Je dois m’occuper des autres avant de penser à moi. »

C’est notamment ce que nous pouvons explorer en psychogénéalogie : non pas pour considérer que tout vient de nos ancêtres, mais pour observer certains schémas, croyances ou loyautés familiales qui peuvent avoir une résonance dans notre propre histoire.

Parfois, comprendre d’où vient une façon de fonctionner permet déjà de commencer à la regarder différemment.


Comment arrêter de culpabiliser tout le temps ?

L’objectif n’est évidemment pas de ne plus jamais ressentir de culpabilité, mais nous pouvons apprendre à nous demander si cette culpabilité est réellement justifiée.

Lorsque vous la sentez apparaître, essayez par exemple de vous poser quelques questions :

Ai-je réellement fait quelque chose de mal ? Culpabiliser, c'est être coupable.

Être coupable, c'est vouloir du mal à quelqu'un. Ai-je voulu faire du mal ?

Ou ai-je simplement fait quelque chose qui ne correspond pas aux attentes d’une autre personne ?

Est-ce que je me sentirais aussi sévère si un ami avait fait exactement la même chose ?

Est-ce que je dis oui parce que j’en ai envie… ou parce que j’ai peur de dire non ?

Cette distinction est importante.

Décevoir quelqu’un ne signifie pas nécessairement lui faire du mal.

Et poser une limite ne signifie pas rejeter l’autre.


Quelle place pour la kinésiologie face à la culpabilité ?

En séance de kinésiologie, nous pouvons partir d’une situation très concrète.

Par exemple :

« Je voudrais réussir à dire non sans culpabiliser pendant deux jours. »

« Je voudrais arrêter de me sentir responsable du bonheur de tout le monde. »

« J’aimerais réussir à penser à moi sans avoir l’impression d’être égoïste. »

Nous cherchons alors à identifier les émotions et les situations associées à cette difficulté.

Selon ce qui émerge au cours de la séance, le travail peut nous amener à explorer la peur de décevoir, le regard des autres, la difficulté à poser des limites ou certaines expériences passées.

Mon approche peut également m’amener à faire des liens avec l’histoire familiale lorsque cela semble pertinent pour la personne.

L’objectif n’est pas de supprimer une émotion, mais d’accompagner la personne vers davantage de liberté dans sa manière de réagir et de faire ses choix.


→ Voir aussi mon article sur l'anxiété


Et si vous commenciez par vous accorder le même droit qu’aux autres ?

Il est souvent beaucoup plus facile d’être indulgent avec les autres qu’avec soi-même.

Vous trouvez normal qu’un proche soit fatigué.

Qu’il ait besoin de repos.

Qu’il refuse une invitation.

Qu’il change d’avis.

Qu’il n’ait pas envie.

Qu’il pose une limite.

Mais vous accordez-vous les mêmes droits ?

Apprendre à moins culpabiliser ne signifie pas devenir indifférent aux autres. Cela peut simplement signifier commencer à considérer que vos besoins ont, eux aussi, le droit d’exister.

Et parfois, derrière un simple « non », il y a quelque chose de beaucoup plus important qui est en train de se construire : la possibilité de dire oui à soi-même.


Vous avez du mal à dire non sans culpabiliser ?

Je vous accueille dans mon cabinet de kinésiologie à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (44), au sud de Nantes.

Nous pouvons explorer ensemble les émotions, les expériences et, lorsque cela est pertinent, les schémas familiaux qui peuvent être associés à cette difficulté.

Chaque séance est individualisée et adaptée à votre histoire, à votre objectif et à votre rythme.



Magaly Moisan Gobin, kinésiologue



Magaly Moisan Gobin

Kinésiologue certifiée

Consultante en émotions - Méthode Raconte-moi mon histoire


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